Amadou Hampâté Bâ

Ce qu’il faudrait, c’est toujours concéder à son prochain qu’il a une parcelle de vérité et non pas de dire que toute la vérité - Amadou Hampâté Bâ

Appel aux anciens combattants pour qu’ils ne perturbent pas le processus électoral

17-18 juin 2014

Photo de famille des participants

Photo de famille des participants

Bujumbura, Burundi – L’institution de l’Ombudsman burundais a convié les organisations des ex-combattants à une rencontre de deux jours autour du thème: “Le rôle des démobilisés dans la consolidation de la paix et de l’harmonie sociale”, du 17 au 18 juin 2014 à Bujumbura. Le représentant de l’AWEPA au Burundi, M. Gérard Mfuranzima y a été convié.

Ils sont près de 50 mille, les anciens combattants burundais, selon M. Mohamed Rukara, Ombudsman de la République. Ils se sont affrontés dans la longue guerre civile qui a duré près de 15 ans. Les uns étaient dans les forces armées régulières tandis que les autres étaient dans les différents partis et mouvements politiques armés (rébellion): les Forces de Défense de la Démocratie (FDD), les Forces Nationales de Libération (FNL), les Forces Armées Populaires (FAP), des combattants du Palipehutu, etc.

Cérémonies d'ouverture. De gauche à droite Maire de la Ville, Ombudsman, Ministre de la Défense, Représentant de l'UE

Cérémonies d’ouverture. De gauche à droite Maire de la Ville, Ombudsman, Ministre de la Défense, Représentant de l’UE

A la veille des élections de 2015, ces démobilisés sont parfois accusés, à tort ou à raison, de semer l’insécurité dans le pays. Le représentant de l’Union Européenne au Burundi qui a financé cette activité a souhaité que les ex-combattants participent à l’apaisement du climat politique. L’appui financier de ce projet d’appui aux anciens combattants s’inscrit dans la cadre du 10è FED (Fonds Européen de Développement) avec la contribution notamment de la Belgique, des Pays-Bas et de la Norvège.

Plusieurs de ces anciens combattants sont des démobilisés de guerre et se trouvent dans un état d’invalidité physique. L’Union Européenne veut leur éviter le rejet et l’ostracisme des autres membres de la société burundaise par une intégration et une réinsertion réussie. L’ambassadeur Patrick Spirlet, chef de délégation de l’Union européenne au Burundi s’est dit préoccupé par certains dérapages et violations des droits humains imputés aux anciens combattants. Mais le ministre de la défense nationale et des anciens combattants, le général Pontien Gaciyubwenge l’a rassuré: les ex-combattants savent mieux que quiconque les méfaits de la guerre pour en avoir été des victimes parfois jusqu’au sacrifice de leur vie.

L’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation au Burundi signé le 28 août 2000 a été régulièrement cité comme une référence de base des anciens combattants dans leurs efforts de bonne cohabitation et de développement social. “Menez une vie digne et noble, leur a dit l’Ombudsman (…) développez des réflexes de communication non-violente (…) consolidez un esprit de patriotisme” leur a t-il dit lors de l’ouverture de la session, tout en souhaitant qu’ils soient à l’avant garde dans la réussite d’un processus électoral calme et apaisé en 2015.

Le Chef de l’Etat a déjà promulgué le code électoral et les premiers scrutins (les communales et les législatives) sont attendus au cours du mois de mai 2015.

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