Kofi Annan

La tolérance est une vertu qui rend la paix possible- Kofi Annan

La lutte contre les mariages précoces, une priorité pour la Belgique

5 mars 2015

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Bruxelles, Belgique – Le parlement belge a adopté à l’unanimité une résolution relative à la lutte contre les mariages précoces et forcés le 5 mars 2015.

Hon. Karine Lalieux, membre de l’AWEPA, et Hon. Nele Lijnen ont initié la proposition de résolution qui fait suite à la campagne de Plan Belgique contre les mariages d’enfants, lancée en octobre 2015 dans le cadre de l’initiative « Girls not Brides ».

Hon. Els Van Hoof, parlementaire belge et Coordinatrice Politique du programme «Mutilations génitales féminines / excision » de l’AWEPA, a présenté la résolution à la 18ième Conférence du Réseau des Femmes Parlementaires d’Afrique Centrale (RFPAC) qui a eu lieu en mars 2015 au Gabon. La problématique de cette conférence était « le rôle des femmes parlementaires dans la protection des filles contre les mariages et grossesses précoces ».

La résolution vise à intégrer pleinement la problématique des mariages précoces et forcés dans le cadre du dialogue politique bilatéral avec les pays concernés, en accordant une attention particulière aux pays partenaires de la Coopération belge au développement. Elle demande également que la question du genre, en ce compris le mariage forcé d’enfants, soit intégrée dans la rédaction des futurs programmes de coopération.

Sur les 18 pays de coopération bilatérale belge, sept ont actuellement un taux de mariages d’enfants supérieur à 30%, à savoir le Niger, le Mali,  le Mozambique, l’Ouganda,  la République démocratique du Congo, la Tanzanie et le Bénin.

Les mariages forcés : une réalité en Belgique également

Cependant, selon une étude qualitative réalisée par le Centre International de Santé Reproductive (ICRH), la pratique des mariages précoces et forcés n’est pas limitée à ces pays. En fait, elle existe aussi en Belgique.

De 2010 à fin 2013, 56 plaintes relatives à un mariage forcé ont été enregistrées auprès de la police belge, indique l’ICRH. Mais selon l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, l’ICRH et Plan Belgique, ces chiffres sont en dessous de la réalité car la majorité des victimes ne souhaitent pas porter plainte contre leur propre famille.

Selon les trois associations, les communautés Rom et Afghan sont tout particulièrement confrontées aux mariages précoces, impliquant des mineurs “parfois de 12 ou 13 ans”, précise Els Leye, de l’ICRH, professeure à l’Université de Gand.

Les organisations ont élaboré un « Plan d’action national 2015-2019″ reprenant des recommandations en la matière, qui doit être bientôt soumis aux différents gouvernements belges. Ce plan souligne la nécessité de développer des outils concrets pour détecter rapidement et efficacement les mariages forcés.