Amadou Hampâté Bâ

Si tu penses comme moi, tu es mon frère. Si tu ne penses pas comme moi, tu es deux fois mon frère car tu m’ouvres un autre monde.- Amadou Hampâté Bâ

Les élus du Burkina Faso et de ses pays voisins renforcent leur coopération pour lutter contre la pratique de la mutilation génitale féminine/l’excision (MGF/E)

Septembre 2012

MPs discuss the approach chosen for awareness raising in the villages

MPs discuss the approach chosen for awareness raising in the villages

Des parlementaires burkinabés, maliens, Ivoiriens, nigériens et togolais se sont rencontrés à Ouagadougou le 5 septembre dernier pour échanger sur la problématique de la mutilation génitale féminine/l’excision (MGF/E) dans leurs pays et surtout dans les zones frontalières. Le Burkina Faso, depuis plusieurs années, est l’un des pays pionniers en Afrique en matière de lutte contre l’excision des femmes et des petites filles, une pratique rendue illégale en 1996. Cependant, la MGF/E se perpétue encore et le taux d’incidence reste au-dessus de 75 pourcents dans plusieurs zones, dont notamment plusieurs régions de frontières.

Soutenus par l’AWEPA, Association des parlementaires européens partenaires de l’Afrique, en coopération avec le Fonds des Nations Unies pour la population, et suite aux activités organisées en avril dernier, les parlementaires du Burkina Faso, du Mali et des autres pays voisins ont voulu approfondir la thématique de l’excision transfrontalière, identifiée comme l’une des causes de persistance de la pratique. Jusqu’à présent, le Mali, partageant une longue frontière avec le Burkina Faso et d’autres pays de la région, n’a toujours pas adopté une loi contre les MGF/E, malgré les efforts en ce sens du Réseau des parlementaires maliens pour la lutte contre les violences faites aux femmes, ce qui encourage le passage de cette frontière pour pratiquer l’excision. Ces frontières sont souvent perméables et les contrôles limités. La sénatrice belge membre de l’AWEPA, Mme Dominique Tilmans, participant également à cette activité, a, elle, abordé la problématique de l’excision dans les communautés d’immigrés en Europe et a mis l’accent, dans plusieurs de ses interventions, sur la nécessité de continuer l’effort de sensibilisation, sur le rôle crucial des parlementaires comme leaders d’opinions, mais aussi celui des médias dans cette lutte, ainsi que sur la nécessité de conscientiser les hommes, étant donné leur rôle de chefs de famille et de décideurs au sein de la société.

National Parliamentary Workshop on the FGMC Abandonment, Burkina Faso 35

Les femmes de Sissamba participent à l’audition publique

Suite aux échanges d’expériences et de points de vues entre les députés présents, la réunion a abouti à l’adoption d’une série de recommandations en vue de renforcer l’action parlementaire contre l’excision et en particulier celle liée au phénomène transfrontalier. Du point de vue législatif, les parlementaires ont recommandé, entre autres, l’adoption de lois spécifiques dans les pays qui n’en disposent pas encore; la traduction des textes en langues nationales et leur large diffusion ; d’institutionnaliser des réseaux parlementaires de lutte contre les violences faites aux femmes dans les différents pays et favoriser la coopération entre ces groupes pour une meilleure harmonisation des législations nationales ; ainsi que la mise à contribution des espaces communautaires, tels que l’UEMOA et la CEDEAO, pour faciliter l’harmonisation des textes à travers des directives. En matière des actions concrètes de lutte dans les zones de frontières, les parlementaires ont en outre recommandé la mise en place de points focaux parlementaires dans les localités frontalières ; ont recommandé de favoriser la création de comités de vigilance dans les villages frontaliers ; de créer des cadres de concertation périodiques aux frontières et de mettre en œuvre ; ainsi que de poursuivre l’action de sensibilisation des communautés dans les zones de frontières.

Les parlementaires burkinabés et l’équipe AWEPA se sont ensuite rendus dans la province du Yatenga, les 6 et 7 septembre, afin de continuer l’activité de sensibilisation au niveau communautaire. Deux auditions publiques ont ainsi été organisées dans les villages de Zogoré et Sissamba dans municipalité de Ouahigouya, avec le soutien de deux organisations de la société civile, les associations AMMIE et Santé Plus. Les députés burkinabés et la parlementaire européenne, avec le support de matériel audiovisuel, se sont entretenus longuement avec les populations locales, pour échanger sur les effets néfastes de la pratique, sur les contenu et dispositifs de la loi contre l’excision, sur le rôle de chacun – hommes, femmes, chefs coutumiers et religieux – au sein des familles et de la communauté. Plusieurs témoins – pères de famille, mères, enfants et ex-exciseuses – ont défilé en vue de raconter leurs  expériences, souvent dures, voire tragiques, conséquences de l’excision. Outre la projection d’une vidéo de sensibilisation, une pièce de théâtre-forum a permis de mettre en relief les tenants et aboutissants des pratiques de la MGF/E, consolidant l’effort de sensibilisation des communautés visitées.

Cette activité a été organisée dans le cadre du programme de l’AWEPA « Le rôle des parlementaires dans l’abandon des MGF/E ». Pour plus d’informations, cliquez ici.

Documentation de soutien

Présentations

Presse

Pratique transfrontalière de l’excision : conjuguer les efforts pour traquer les exciseuses sans frontières

Burkina Faso: AWEPA – Les membres plaident pour un abandon de la pratique transfrontalière de l’excision

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