Leopold Sedar Senghor

J’ai rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus. - Léopold Sédar Senghor

Séminaire sur les MGF/E à l’Assemblée Nationale du Kenya

12 juin 2015

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Nairobi, Kenya – Suite au lancement du programme Obligation to Protect (O2P): Agents of Change Unite against FGM/C (Obligation de protéger : Agents du changement se réunissent contre les MGF/E), un séminaire a été organisé à Nairobi le 12 juin 2015 afin d’engager les parlementaires des comités compétents de l’Assemblée Nationale du Kenya dans la lutte contre les mutilations génitales féminines (MGF/E) et dans l’obtention de justice pour les filles et les femmes victimes de la pratique.

Des membres des comités parlementaires et des représentants de l’Association des femmes parlementaires kényanes (KEWOPA), du Conseil national contre les MGF/E, des ministres compétents, des ONG, du Plan international Kenya et de l’AWEPA ont participé au séminaire .

Le séminaire, qui a été organisé par Plan international Kenya et l’AWEPA avait pour objectif de présenter aux parlementaires des comités le programme O2P ; d’identifier des personnes-clés au sein du parlement avec lesquelles il sera possible de travailler pour l’abandon des MGF/E ; et d’examiner et finaliser le cadre de suivi et le plan d’action du programme O2P pour les années 2015-2016.

Parmi d’autres questions, les participants du séminaire ont abordé la situation au Tharaka-Nithi – compté où la prévalence des MGF/E est nettement plus élevée que la moyenne nationale – ainsi qu’identifier les moyens de combler le fossé entre le cadre juridique et la réalité des MGF/E au Kenya.

Les MGF/E au Kenya

Bien qu’une loi contre la pratique ait été promulguée au Kenya en 2011, les cas de MGF continuent à augmenter dans de nombreuses régions du pays. L’application de la loi fait face à plusieurs défis liés aux convictions culturelles profondément enracinées ; les conflits d’intérêts pour les personnes chargées d’appliquer la loi ; l’insuffisance de ressources allouées à la lutte contre les MGF/E ; l’accès limité des femmes aux services ; et les processus long et compliqué à suivre pour obtenir la justice pour les victimes.

Actuellement, à plus près 27% des femmes et des filles au Kenya ont subi une mutilation génitale féminine ou une excision. La pratique est profondément ancrée dans les normes culturelles de plusieurs pays où les communautés souvent l’associent au passage vers l’âge adulte, tel qu’un rite obligé de l’initiation et une condition préalable au mariage. Les MGF/E peuvent contribuer donc à la violation sexuelle des filles, à la grossesse précoce et, en conséquence, à l’augmentation du nombre d’abandons scolaires et la marginalisation des femmes.

Selon Carol Sherman, directeur du pays de Plan International Kenya, l’attention accordée récemment à la question des MGF/E  mondialement (y compris au Kenya) représente un pas dans la bonne direction. « Bien que des progrès vers l’abandon des MGF/E aient été réalisés, la pratique est profondément enracinée dans des communautés et constitue donc un défi pour les responsables de l’application des lois. Parfois, des conflits d’intérêts et l’insuffisance de ressources entravent les efforts en faveur de l’abandon total de la pratique. »

Contexte

Le programme O2P est une initiative conjointe entre l’AWEPA et Plan qui a pour but de promouvoir l’abandon des MGF/E au Kenya en l’espace d’une génération. Le programme quadriennal (2014-2017) est financé par le Gouvernement néerlandais. Il a été mis en place au Kenya, en Ethiopie, en Egypte et au Soudan où il ciblera les communautés locales, la société civile et le parlement de chaque pays.

A travers son travail avec ces groupes, le programme vise à sensibiliser la population aux droits des filles ; à habiliter les défenseurs des droits humains à remettre en question les normes et les attitudes ; et à aider les parlements à élaborer et mettre en place des mesures législatives efficaces.

Dans le cadre du programme, l’AWEPA travaille principalement avec les parlementaires alors que Plan Kenya se concentre sur les activités communautaires.

Selon Dr. Jeff Balch, Directeur de recherche et d’évaluation chez l’AWEPA, le programme tire sa force de cette approche à plusieurs niveaux. « Le programme aborde les MGF/E à trois niveaux : les parlements, les organisations de la société civile et les communautés et ménages. Ensemble, nous pouvons faire avancer les choses vers l’abandon des MGF/E. Nous sommes tous des agents de changement unis contre les MGF/E.

Ressources (en anglais)

Galerie de photos

Twitter et Storify : le dialogue au sujet des MGF/E