Leopold Sedar Senghor

J’ai rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus. - Léopold Sédar Senghor

Les parlementaires burkinabè réaffirment leur engagement à mettre fin aux mutilations génitales féminines

23-26 novembre 2013

Children's request to stop female circumcision

Koungoussi, province de Bam. Une jeune fille clame à bas l'excision lors de la visite des parlementaires,

Ouagadougou, Burkina Faso – Les 23, 25 et 26 novembre 2013, l’AWEPA s’est unie à la Commission de l’emploi, et des affaires sociales et culturelles (CEASC) de l’Assemblée nationale du Burkina Faso dans le cadre d’une visite décentralisée à Kongoussi, dans la province du Bam, ainsi qu’un atelier national à Ouagadougou. Les deux activités ont traité des mutilations génitales féminines /excision (MGF/E). Malgré qu’elle soit illégale au Burkina Faso depuis 1996, cette pratique traditionnelle touche 76% des femmes et des filles de 15 à 49 ans. Les membres de la Commission, nouvellement élus depuis décembre 2012, se sont engagés à continuer la lutte initiée par leurs collègues prédécesseurs, qui avaient entamé la collaboration avec l’AWEPA en 2011.

Les participants à l'activité décentralisée assistent à une pièce de théâtre.

Les participants à l’activité décentralisée, ainsi que les villageois de Koungoussi, assistent à une pièce de théâtre sur l’excision.

Dix membres de la Commission ont quitté Ouagadougou aux aurores du 23 novembre pour se rendre au village, où ils ont été reçus de manière chaleureuse par les plus hautes autorités coutumières, religieuses et politiques. Les visites de courtoisie ont permis aux parlementaires d’échanger sur la thématique de l’excision et ont aussi mis en évidence le soutien que portent les autorités vers l’objectif commun d’en finir avec la pratique au cours d’une génération. Ensuite, plus d’une centaine de villageois se sont réunis pour écouter leurs propos, poser des questions, et se sensibiliser au travers des chants, animations, débats et une pièce théâtrale. Tous ont été ravis et honorés de la présence de la Sénatrice belge Els van Hoof, Coordinatrice politique du programme MGF/E de l’AWEPA, qui a parlé de l’intérêt commun entre l’Europe et l’Afrique pour mettre fin à cette pratique néfaste.

Les parlementaires ont écouté le cri du cœur des enfants, qui clamaient « à bas à l’excision », ainsi que les mythes et raisonnements exposés durant la sensibilisation théâtrale. Les élus ont aussi emmené avec eux des images choquantes et ahurissantes d’un film documentaire tourné au Mali sur la pratique, montrant dans le détail l’excision de filles entre 1 et 17 ans, suivi par les témoignages accablants des victimes. Suite aux évènements du weekend, il a été annoncé qu’une association basée à Kongoussi a reçu l’une des plus grandes reconnaissances civiles du Burkina Faso, la médaille d’honneur des collectivités locales.

Le 25 novembre, journée mondiale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, les parlementaires se sont réunis aux Archives Nationales de Ouagadougou pour en savoir plus sur les actions des différents acteurs au pays faisant partie de cette lutte, et pour concrétiser le plan d’action qui avait été élaboré par leurs prédécesseurs à la Commission. En premier lieu, les parlementaires ont adopté une déclaration réaffirmant leur engagement et leur volonté de lutter en partenariat avec la société civile ainsi que les autres organes du gouvernement, en l’occurrence le judiciaire, qui lutte pour appliquer la loi de 1996.

Ensuite, ils ont écouté les expériences d’un des seuls chirurgiens obstétriques au monde qui répare les séquelles de cette pratique, ayant des clients de toute la sous-région et même des Etats-Unis et de l’Europe. Ses images cliniques ont renforcé le message reçu sur le terrain. Les hommes, auparavant ignorants des détails de la souffrance et des séquelles de leurs filles, nièces et voisines, ont avoué avoir doublement saisi l’importance de leur rôle en tant que pères de famille. De plus, la société civile a exposé les détails de sa lutte et des défis, en demandant une collaboration plus étroite de la part des organes du gouvernement. Les représentants des Nations Unies ont exposé le programme conjoint du FNUAP/UNICEF, et ont retenu la demande des parlementaires de les inclure dans leurs délibérations et actions sur le terrain.

L’atelier s’est terminé dans une ambiance positive. Les participants ont démontré être convaincus de l’importance de leur tâche, ainsi que de leur rôle. L’AWEPA prévoit une concrétisation du plan d’action élaboré lors du deuxième jour, ainsi que la mise en marche d’une ultérieure activité sur l’aspect transfrontalier et sous régional du problème, considéré essentiel pour l’abandon effectif de la pratique.

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