Nelson Mandela

Un homme qui prive un autre homme de sa liberté est prisonnier de la haine, des préjugés et de l’étroitesse d’esprit.- Nelson Mandela

Parlement burundais : quelle politique foncière en situation de démographie galopante ?

21 Aout 2013

Photo de famille des participants à la journée parlementaire du 20 août 2013

Bujumbura, 21 août 2013 – Les  parlementaires burundais ont réfléchi au cours de la journée du 20 août 2013 à Bujumbura sur la problématique de la forte croissance démographie actuelle au Burundi alors que les terres agricoles s’amenuisent de plus en plus.

L’Association des parlementaires européens partenaires de l’Afrique (AWEPA) a apporté son appui technique et financier. Le Président de l’Assemblée nationale, Hon. Pie Ntavyohanyuma, en ouvrant les travaux de cette journée, a remercié l’AWEPA pour sa contribution à l’organisation des travaux de la journée. Le chargé d’affaires ad intérim de l’ambassade du Royaume de Belgique à Bujumbura, M. Bart DE WOLF, était également présent, en compagnie de plusieurs hauts fonctionnaires burundais et des cadres des organisations de la société civile.

Le Réseau des parlementaires burundais pour la population et le développement, mis en place avec le soutien du Fonds des Nations Unies pour la Population (FNUAP), a été dynamique dans l’animation de la journée. Selon le dernier recensement de la population (2008), le Burundi est peuplé par près de 8,5 millions d’habitants, dont 90% vivent de l’agriculture dans le monde rural. Le nombre d’enfants par femme est de 6, tandis que le taux annuel d’accroissement de la population est de 2,4%. Une enquête agricole effectuée en 2011 a révélé qu’au Burundi un ménage exploite aujourd’hui 0,5 ha seulement alors qu’il exploitait 3,2 ha  en 1979.

le 2ème vice-président du Sénat, Hon. Pontien Niyongabo au micro et la 2ème vice-présidente de l'Assemblée nationale, Hon. Mo-Mamo Karerwa

le 2ème vice-président du Sénat, Hon. Pontien Niyongabo au micro et la 2ème vice-présidente de l’Assemblée nationale, Hon. Mo-Mamo Karerwa. Photo: AWEPA Burundi.

Les participants ont fait le constat d’une forte pression sur les terres arables provoquant un émiettement des exploitations agricoles et une diminution des pâturages.  Il s’en suit sur le plan social la multiplication des conflits fonciers et de nombreuses querelles au sein des familles lors de l’héritage. La commission nationale chargée de régler ces conflits liés à la terre a enregistré entre juillet 2007 et juillet 2010 16.354 conflits, soit en moyenne 5.451 conflits par an.

Un rapport d’International Crisis Group daté de 2003 a même parlé de « bombe foncière » qu’il faut amorcer le plus rapidement possible vu les tensions sociales liées à la crise foncière au Burundi.

Au milieu, le Représentant de la foi musulmane, Sheikh Juma Salum, délégué de la Communauté Islamique du Burundi COMIBU.

Au milieu, le Représentant de la foi musulmane, Sheikh Juma Salum, délégué de la Communauté Islamique du Burundi COMIBU. Photo: AWEPA Burundi

Face à ces défis une politique nationale foncière en cinq axes est en cours de réalisation. Elle met en avant une rénovation de la législation foncière, une modernisation des services chargés de la gestion du foncier, une décentralisation de la gestion foncière, un inventaire des terres domaniales et la résolution de la question des paysans sans terres.

Parmi les autres solutions préconisées par les parlementaires, il y a lieu de signaler : le passage de l’agriculture de subsistance à l’agriculture de marché, la promotion des activités non agricoles, l’organisation des villages sur toutes les collines du Burundi, la construction en hauteur, la scolarisation obligatoire jusqu’à l’âge de 18 ans.

Mais un consensus a été difficile à trouver entre les parlementaires et les représentants des confessions religieuses à propos d’une politique commune de limitation des naissances, même si tout le monde est d’accord qu’il faut arriver à maîtriser l’accroissement de la population. Pourtant, les témoignages de deux administrateurs communaux (Marangara et Nyabitsinda) ont montré que dans le monde rural, plus de 80% des procès en cours concernent des conflits fonciers.

Le rôle des parlementaires burundais sera principalement celui de sensibiliser la population afin qu’elle s’engage sur la voie de la planification familiale et la bonne gestion des terres.

Ressources

Galerie photos