Leopold Sedar Senghor

J’ai rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus. - Léopold Sédar Senghor

Le dialogue entre le Sénat et les élus communaux se poursuit à Kayanza

27 - 28 février 2014

burundi 27-28 february

C'est le Président du Sénat, Honorable Gabriel Ntisezerana qui a ouvert la rencontre, entouré des membres du Bureau du Sénat, du Gouverneur de Kayanza et du Secrétaire permanent du Ministère de la Sécurité Publique.

Kayanza, Burundi – Le Sénat du Burundi, en collaboration avec l’AWEPA a organisé du 27 au 28 février 2014, une rencontre entre les sénateurs et les conseillers communaux de la province de Kayanza autour du thème: “La Bonne Gouvernance, les réformes en cours en matière de sécurité ainsi que les mécanismes de maintien et de consolidation de la paix et de la sécurité, socle du développement durable”.

En médaillon, le Président du Sénat, Hon. Gabriel Ntisezerana s'entretenant avec la Coordinatrice politique de l'AWEPA pour le Burundi, Madame Lydia Maximus

Le Président du Sénat, Hon. Gabriel Ntisezerana s’entretenant avec la Coordinatrice politique de l’AWEPA pour le Burundi, Madame Lydia Maximus

Présentant la situation de sa province lors des cérémonies d’ouverture, le Gouverneur de Kayanza a indiqué que la sécurité est garantie bien qu’elle soit de temps en temps perturbée par des adeptes d’une secte catholique emmenée par une certaine Eusèbie sur le site de Businde. A son tour le Secrétaire permanent au Ministère de la Sécurité Publique, M. Maurice Mbonimpa, a remercié le Sénat pour le choix fait d’expliquer aux élus communaux les réformes en cours en matière de sécurité au Burundi, spécialement la police de proximité. Il a également confirmé le choix fait cette année par le Burundi d’intégrer dans la police nationale tous les batwas (ethnie minoritaire) qui se sont présentés au concours d’entrée.

Dans son allocution d’ouverture en présence de la Coordinatrice politique de l’AWEPA pour le Burundi, le Président du Sénat a remercié vivement l’AWEPA pour son soutien régulier à ces rencontres du cadre de dialogue entre les Sénateurs et les élus locaux. Il a fait un appel particulier à ceux-ci pour leur implication personnelle dans la scolarisation des enfants, la villagisation et la protection de l’environnement.

Des exposés riches et des débats parfois passionnés

Le Commissaire de Police Tharcisse Yamuremye (premier à droite) a révélé quelques statistiques de la réforme en cours au sein de la police. Partant des piliers de la police nationale actuelle selon lesquels la sécurité est l’affaire de tous, il a montré que le récent recrutement en vue d’une police de proximité a tenu compte de toutes les composantes ethniques du Burundi.

Rencontre cadre dialogue, Kayanza

Ainsi, au sein des Officiers, les hutus et les tutsis sont représentés chacun à 50% dans le respect de l’Accord d’Arusha pour la paix et la réconciliation, signé le 28 août 2000. Au sein des brigadiers, les femmes sont représentées à 35%, et tous les 21 batwas qui se sont présentés ont été retenus. Au sein des simples policiers, toutes les 235 filles et tous les 43 batwas qui se sont présentés au recrutement cette année et qui remplissaient les conditions exigées ont été retenus. Selon le Commissaire de Police Tharcisse Yamuremye, “les policiers doivent établir des relations de qualité avec la population en s’intéressant à ses problèmes et en leur prêtant main forte.” (Déontologie de la Police Nationale du Burundi, art.98)

Les participants ont été particulièrement intéressés d’apprendre le rôle des élus communaux dans la bonne gouvernance et dans la lutte contre la corruption.

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Sénateur Daniel Gélase Ndabirabe, modérateur de la rencontre des 27 et 28 février 2014

Le thème relatif au rôle des élus dans la préservation de l’environnement a été développé par un conseiller au Ministère de l’Eau, de l’Environnement et de l’Aménagement du Territoire, Monsieur Balthazar Barutwanayo qui a insisté, photos à l’appui, sur la nécessité de maîtriser le planning familial, l’interdiction de la divagation du bétail sur les collines, la préservation des aires protégés, la préparation des plans de protection de l’environnement, et la responsabilité dans la bonne gestion de l’eau.

Lors des échanges sur les trois premiers exposés, les élus communaux se sont particulièrement élevés contre des policiers qui tabassent la population au lieu de la protéger, ou qui s’adonnent à des actes délictueux comme la consommation des boissons fortement alcoolisés. D’autres conseillers communaux sont revenus sur l’exigüité des terres arables dans leur province de Kayanza, la déforestation par une forte utilisation du charbon de bois, les injustices encore commises contre la minorité des batwas, le recrutement dans les organes de lutte contre la corruption, les moyens à octroyer aux forces de défense et de sécurité notamment en termes de formation, la protection des terres contre l’érosion, le renforcement des comités locaux de sécurité, la nécessité d’harmonisation des lois en matière de bonne gouvernance, la gestion des taxes communales.

Au cours des travaux en groupes (4), les élus communaux et les sénateurs ont fait un tour complet des obstacles, des forces, des faiblesses rencontrées dans leur travail de représentation de la population. Ils ont notamment trouvé que les effectifs des policiers sont encore peu nombreux, qu’il y a une nécessité de renforcer la confiance entre les policiers et la population, qu’il faut maîtriser les cas d’indiscipline à la police, qu’il faut dénoncer les corrupteurs et les corrompus, travailler dans la transparence, mettre sur pied des comité de lutte contre la corruption, lutter contre les feux de brousse, protéger les versants des collines par des courbes de niveau, décourager l’exploitation anarchique des carrières, planter des arbres près des lacs de retenus des barrages hydroélectriques, etc.

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Quelques élus communaux de Kayanza en session plénière et dans des travaux de groupe lors de la rencontre avec les sénateurs du 27 au 28 février 2014

Le deuxième et dernier jour de la rencontre (vendredi le 28 février) a traité la question des initiatives locales de développement et celle de la décentralisation effective à travers le Fond National d’Investissement Communal (FONIC). Deux exposés y relatif ont provoqué des réactions au sein des participants qui ont exprimés plusieurs points de vue, notamment sur l’exclusion en politique, une meilleure organisation des travaux communautaires de développement, la conscientisation de la population rurale vers plus de développement, un plaidoyer en faveur des simples agriculteurs pour qu’ils obtiennent à temps des engrais chimiques, l’égoïsme qui caractérise plusieurs politiciens burundais, les divergences entre les confessions religieuses et l’Etat sur les méthodes de planification des naissances, l’unité nationale et la non exclusion des batwas, la valorisation de la culture du café, la lutte contre le chômage, l’utilisation des fonds octroyés aux communes par le FONIC, etc.

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