Kofi Annan

La liberté ne connaît pas de frontières, il suffit qu’une voix s’élève et appelle à la liberté dans un pays, pour redonne- Kofi Annan

Une conférence sous régionale pour aborder les dimensions transfrontalières des MGF/E

30 mai - 1 juin 2016

Photo / David Mutua

Photo / David Mutua

Saly, Sénégal – L’AWEPA, en collaboration avec le Comité de pilotage pour l’accélération de l’abandon des mutilations génitales féminines/excision au Sénégal (COPA MGF/E), a organisé une conférence sous régionale sur le thème des dimensions transfrontalières des MGF/E. Cette conférence a eu lieu du 30 mai au 1 juin 2016 à Saly, au Sénégal. Elle a été financée par le Ministère des Affaires étrangères luxembourgeois avec le soutien de l’Union interparlementaire (l’UIP) et l’UNFPA-Mali.

La conférence a rassemblé à peu près 35 participants y compris des membres des Assemblées nationales du Sénégal, Mali, Mauritanie, Burkina Faso, Niger et Guinée-Bissau ; ainsi que des experts sur le thème des MGF/E ; l’Hon. Els Van Hoof, députée belge et Coordinatrice politique du programme de l’AWEPA contre les MGF/E ; Mme. Laylee Moshiri, représentante de l’UNICEF Sénégal ; et M. Kalidou Sy, Coordinateur national de Tostan.

Des représentants du COPA MGF/E – y compris l’Hon. Aimé Assiné, Président du Comité et Président de la Commission chargée de la santé et les affaires sociales de l’Assemblée nationale du Sénégale – ont assisté également à la conférence ainsi que des membres du personnel de l’AWEPA.

La conférence avait pour but de sensibiliser les parlementaires de la sous-région sur les dimensions transfrontalières des MGF/E et d’encourager des échanges des idées et initiatives concrètes.

Les parlementaires de la sous-région ont partagé les réalités juridiques, politiques et culturelles des MGF/E dans leurs pays ; discuté les présentations des experts et des spécialistes ; et abordé le rôle d’autres acteurs nationaux et internationaux dans la lutte contre les MGF/E. L’un des experts a présenté des images clinques des conséquences des MFG/E qui ont choqué les participants et renforcé l’importance d’abandonner cette pratique néfaste.

Suite à des interventions détaillées et intéressantes prononcées par un parlementaire de chaque pays participant, l’Hon Van Hoof a abordé la Convention d’Istanbul ainsi que les instruments  élaborés pour mettre fin aux MGF/E dans le cadre de l’approche des 4P : Prévention, Protection, Poursuites et Politiques intégrées.


Au terme de la présentation de l’Hon. Van Hoof, les participants ont eu à mener une réflexion au sein de 2 groupes de travail. Les membres du premier groupe se sont penchés sur le thème suivant : « les aspects législatifs et mesures nécessaires concernant la lutte pour l’abandon des MGF/E : quelles propositions ? »

Le groupe a abordé l’approche des 4P et son application dans leurs différents pays. Dans le cadre de la prévention, le groupe a noté l’importance d’élaborer un programme de sensibilisation adapté au contexte en utilisant les langues locales à l’exemple de la Mauritanie, et d’introduire ces programmes de sensibilisation au niveau des écoles comme le fait déjà le Burkina-Faso.

En ce qui concerne les actions parlementaires dans les pays où il n’existe pas de lois interdisant les MGF/E, le groupe croyait que les femmes parlementaires doivent être formées pour porter une proposition de loi luttant contre les MGF/E, et qu’il faudrait aussi les aider à concevoir un argumentaire pertinent pour un plaidoyer fort surtout auprès des autorités religieuses.

Se demandant comment améliorer le degré d’application des lois dans les pays où elles existent, les membres du groupe I ont conclu qu’il est important de l’élaboration de propositions de loi pour amender les lois existant afin de pénaliser plus lourdement les contrevenant et renforcer la protection des femmes et filles en levant l’obligation de respect du secret médical concernant le signalement des cas d’excision.

De plus, le groupe a préconisé l’organisation d’ateliers nationaux de dissémination et de partage des conclusions de la conférence sous-régionale à l’intention de tous les députés en commençant par les commissions compétentes et les réseaux existant au niveau de chaque Assemblée.

Le deuxième groupe de travail a abordé des stratégies sur les dimensions sous-régionales et transfrontalières des MGF/E. Ce groupe s’est penché sur le texte préliminaire des Statuts d’un Comité international des Parlementaires pour l’abandon des MGF/E (CIPA MGF/E) et les membres du groupe ont contribué à l’élaboration de ce texte. En outre, les deux groupes ont travaillé sur le texte de la « Déclaration de Saly 2016 ».

La conférence a abouti avec l’adoption de la version finale de la Déclaration de Saly 2016. De plus, l’AWEPA, COPA MGF/E et un parlementaire de chaque pays représenté ont signé les  Statuts de CIPA MGF/E.

L’AWEPA espère bientôt assurer le suivi de cette initiative en collaboration avec COPA MGF/E étant donné qu’elle considère comme essentiel à l’abandon des MGF/E dans la sous-région la coopération sous-régionale pour aborder les dimensions transfrontalières de la pratique.

 

Ce reportage de la RTS1 donne un aperçu de la conférence et ces objectifs:

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