Leopold Sedar Senghor

J’ai rêvé d’un monde de soleil dans la fraternité de mes frères aux yeux bleus. - Léopold Sédar Senghor

Mutilations génitales féminines / excision

La Sénatrice Belge et Coordinatrice Politique du Programme de l'AWEPA sur les MGF/E, l'Hon. Els Van Hoof, rencontre des leaders religieux locaux à Kongoussi, au Burkina Faso, en november 2013.

La Sénatrice Belge et Coordinatrice Politique du Programme de l'AWEPA sur les MGF/E, l'Hon. Els Van Hoof, rencontre des leaders religieux locaux à Kongoussi, au Burkina Faso, en novembre 2013.

Historique

Les mutilations génitales féminines/excision (MGF/E) affectent actuellement plus de 125 millions de filles et de femmes dans le monde et constituent une violation de leurs droits fondamentaux. Les MGF/E sont pratiquées principalement sur des jeunes filles entre la petite enfance et l’âge de 15 ans. Sur la base des tendances actuelles, on estime qu’au cours des dix prochaines années, 30 millions de filles risquent d’en être victimes. En outre, dans de nombreux pays d’Europe, les MGF/E ont engendré une préoccupation grandissante, notamment dans le contexte de la migration. Selon le Parlement européen, environ 500,000 filles et femmes résidentes en Europe ont été victimes des MGF/E et, chaque an, 180,000 autres risquent de subir la pratique.

Les MGF/E n’offrent aucun avantage connu sur le plan de la santé ; d’ailleurs, lorsqu’elles ne tue pas, les MGF/E posent des risques pour la santé sexuelle et reproductive des victimes. Cependant, la pratique  se perpétue en raison de son profond ancrage dans les normes culturelles des communautés qui la pratiquent, qui souvent l’associent au passage vers l’âge adulte, tel qu’un rite obligé de l’initiation et une condition préalable au mariage.

En conséquence, il s’agit d’une question sensible ; dans certains cercles, le sujet est tabou à l’égard des hommes et des étrangers. Nombreuses sont les communautés qui réagissent de façon négative ou passive lorsque la problématique est abordée par des personnes considérées inappropriées ou « externes ». Ainsi, la façon la plus effective de promouvoir l’abandon commence par instaurer un dialogue à niveau local et national, ciblant également les hommes et les autorités locales religieuses et culturelles. En tant que représentants directes du peuple, les parlementaires se trouvent dans une position uniquement forte pour aborder l’abandon.

De plus, les MGF/E sont un phénomène transfrontalier qui requiert d’une approche harmonisée parmi les pays limitrophes et au niveau régional. Les frontières internationales sont souvent perméables et offrent la sécurité de la légalité et la couverture de l’anonymat.

L’AWEPA est particulièrement bien placée pour soutenir le rôle catalyseur des parlementaires pour mettre fin aux MGF/E, à travers son étendu réseau de parlementaires en Afrique et en Europe, ainsi qu’au vu de son expérience dans le domaine de la lutte contre les MGF/E au niveau institutionnel, en concours avec de nombreux partenaires locaux, internationaux et régionaux découlants des instances gouvernementales, des Nations Unies, des organisations communautaires et des organisations internationales non gouvernementales. L’AWEPA se concentre sur la législation relative aux MGF/E et le contrôle de son application, ainsi que sur l’éducation et la sensibilisation selon une approche communautaire visant l’abandon de la pratique en une génération.

Depuis 2011, l’AWEPA a travaillé en collaboration avec le Fonds des Nations Unies pour la population (FNUAP) et l’UNICEF pour l’abandon des MGF/E dans le cadre du programme conjoint « Mutilations Génitales Féminines : Accélérer le Changement ». Le document ci-dessous fournit un aperçu des activités mises en œuvre par l’AWEPA au Burkina Faso et au Sénégal, en 2012 et 2013. Pour d’ultérieurs renseignements, veuillez télécharger la brochure (en anglais).

En 2014, l’AWEPA lance un programme de 4 ans pour favoriser l’abandon au Kenya, au Soudan, en Ethiopie et en Egypte. Le programme, en collaboration avec Plan Nederland, sera mis en œuvre de façon conjointe par l’AWEPA et les bureaux de pays de Plan. Le programme est financé par le Gouvernement des Pays-Bas et abordera la problématique sur les plans institutionnel, de la société civile et des communautés. Pour d’ultérieurs renseignements, veuillez télécharger la brochure (en anglais).

Objectifs

Le programme de l’AWEPA sur les MGF/E vise à améliorer les capacités des parlements africains d’exercer leur fonction législative, représentative et législative vis-à-vis des MGF/E. En particulier, le programme contribue à une capacité accrue des parlementaires de légiférer en matière de protection des femmes et des filles contre la violence, y compris contre les MGF/E ; enfin, le programme soutient les parlements nationaux dans leur effort vers l’abandon de la pratique.

Résultats

  • Les parlementaires sont plus conscients des répercussions sur la santé et des autres risques liés aux MGF/E ; des réalités sur le terrain ; et des ressources nationales et régionales disponibles pour promouvoir l’abandon ;
  • Les parlementaires sont plus conscients de la dimension transfrontalière liée aux MGF/E et sont en mesure de travailler avec leurs homologues dans les pays limitrophes en vue d’harmoniser la législation et les politiques ;
  • Les parlementaires sont mieux outillés pour travailler avec d’autres branches du Gouvernement en vue d’accélérer l’abandon des MGF/E et appliquer les lois qui existent ;
  • Une compréhension réciproque et une volonté politique de coopérer accrues entre les parlementaires africains et européens ;
  • Les victimes sont plus conscientes de leurs droits ainsi que des ressources nationales et locales à leur portée ;
  • Validation des efforts locaux vers l’abandon, grâce à la présence et le soutien des élus dans leurs communautés ;
  • L’ample couverture médiatique des efforts pour promouvoir l’abandon mène la problématique à occuper une place dans le débat national tout en engageant l’opinion publique dans cette lutte ;
  • Les parlementaires européens sont plus conscients de la pratique telle qu’elle existe en Europe, dans le contexte de la migration.

Ressources

Liens

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